Un même poisson à quelques neurones près

An English version of this press release by eLife is here.

L’un est coloré et vit dans les rivières d’Amérique latine, l’autre est aveugle, dépigmenté et habite dans l’obscurité des grottes mexicaines, pourtant ce sont les mêmes poissons : Astyanax mexicanus. Comment les spécimens cavernicoles ont-ils évolué afin de survivre dans un tel environnement ? Des chercheurs de l’Institut des neurosciences Paris Saclay (CNRS/Université Paris-Sud) ont observé qu’un nombre différent de certains neurones se développait chez les embryons des deux spécimens. Cette variation naturelle dans le développement cérébral impacte non seulement la morphologie des poissons cavernicoles mais aussi leur comportement. En intervenant sur le développement neuronal des larves du poisson cavernicole, les chercheurs sont parvenus à leur faire mimer le comportement du poisson de surface. Ces variations en nombres de neurones trouvent leur origine dans des processus embryonnaires très précoces, qui se produisent pendant les dix premières heures après la fécondation. Ces résultats sont publiés dans la revue eLife le 6 février 2018.

Photo © Sylvie Rétaux, Hélène Hinaux, Yannick Elipot.

Référence :

Developmental evolution of the forebrain in cavefish, from natural variations in neuropeptides to behavior, Alexandre Alié, Lucie Devos, Jorge Torres-Paz, Lise Prunier, Fanny Boulet, Maryline Blin, Yannick Elipot et Sylvie Rétaux, eLife, 6 février 2018.